Désormais ils sont deux.
La vie d’avant, sans saveur
Siphonnée de tout sens
Croupit dans le terne et le mièvre.
Le temps, pour de bon,
S’est arrêté.
Passé et avenir
Se sont enfoncés à jamais
Sous les entrailles de la terre.
Dehors pourtant
Se poursuit la frénétique pagaille.
Comment se résigner
A cette existence humaine
Si faillible et imprévisible ?
Pourquoi ne pas tenter
Ce saut dans le temps
Qui préserverait
La beauté de la passion
Les transformerait en
Petits vieillards soudés
Dans l’éternité.
Ou mieux encore
Pourquoi ne pas mourir
Sur le champ
Ensemble
Pour ne voir jamais
Que ce qui viendrait
Serait moins beau
Moins bien
Moins fort
Moins bon.
Comment ne pas commettre
Les erreurs de tous les autres ?
Comment préserver la passion ?
Comment ?
