Un afflux de sang timide
De rose pâle, embrase les joues
Plus inavouable qu’un interdit
Aux confins de l’envisageable.
Entend-elle ce chuchotement
Ou croit-elle le percevoir ?
A peine le temps de caresser l’idée
De la répudier que déjà
Ondule la seconde vague
Mezzo voce
Plus appuyée
Mais si lointaine encore.
Puis viennent d’autres lames
Obstinées, tenaces, éloquentes
En plein cœur de la tempête
Un faisceau radieux
L’inonde de sa lumière
Vient la grignoter
Par-delà le vertigineux précipice
Frôle le terreau propice.
Le désir
Ce vagabond
Cet imprévisible séducteur
La chavire
Lui intoxique l’esprit
Son désir transpire
Se dresse avec fulgurance
Déflore toutes ses résistances
Et s’empale dans sa conscience
En une suffocante érection mystique
Qui tel un levain,
Croit en elle.
Grevées d’errances
Les humaines amours
Ne sont-elles donc que déviances
Vouées à flétrir
L’impossible rêve
Dans leur rage effrénée
De crucifier dans l’éternité
La quête d’absolu ?
