Soleil noir
Sur la face du soleil, la lune vint poser son voile de doute opaque. En plein jour, la nuit se fit sombre, puis noire. Avec fracas, le vent se précipita sur la mer, souleva des gerbes de flots qui jaillissaient de l’épicentre d’un cyclone tentaculaire.
Balloté par les vagues, Rémy tentait de tenir le cap. L’océan se creusait de gouffres béants, qui dans leurs parages, avalaient tout, s’engloutissant eux-mêmes, tels de vertigineux trous noirs, sombrant vers les abysses obscurs du néant originel.
Il fallait tenir. Résister. Rester calme. Garder la foi. Cloué dans le ciel, loin au-delà de ces misères, le soleil, imperturbable, poursuivait sa diffusion de rayons de douceur, tentant de joindre la terre de sa chaleur réconfortante.
Patiemment, Rémy attendait que l’éclipse s’éclipse. Lentement le vent s’essouffla, en vint à se briser sur une beauté marine d’une couleur nouvelle, pour communier, en un doux murmure, avec la lumière jaune, qui entama son fascinant strip-tease.
Rémy le savait depuis toujours : l’astre radieux n’avait, l’ombre d’un instant, déserté son firmament. Il suffisait d’y croire, et de garder le cap.
