A pas feutrés,
Le gamin s’est approché
Du papillon aux couleurs
Qui fascinent.
De fines touches
Aux nuances plurielles
S’évaporent de ses ailes
En toutes directions
Comme s’il habillait l’atmosphère
L’enveloppait tout entier de ses ailes.
Le petit brûle de le toucher
De s’en saisir, de l’épingler.
Mais que se passera-t-il, s’il l’attrape ?
Il le sait.
S’il le touche,
Il va l’abîmer.
S’il veut le conserver et se l’approprier,
Il faudra le faire mourir.
Ne préfère-t-il pas
Le regarder voler et aller
D’arbuste en fleur,
Rebondir sans cesse
Vers d’autres nectars
Et de nouvelles couleurs ?
Ravir sa liberté
Le priver du voyage de la vie
Qui lui était promise ?
Ou le regarder voltiger
Dans la course folle
De son élan de vie ?
De fleur en fleur,
Le papillon folâtre,
Illumine de son parcours
Les yeux du petit.
Hypnotisé, l’enfant se met à le suivre.
L’insecte magique semble le guetter.
À tout moment, il pourrait s’envoler,
Mais n’en fait rien
Tranquillement, il déploie ses ailes,
Avance
Emmène le gamin
De plus en plus loin
Vers des fleurs de plus en plus exquises.
Plus il s’en approche,
Plus la magie des couleurs de l’insecte
L’ensorcèle, l’aspire.
Impossible désormais de renoncer à le suivre.
Les voilà sortis du jardin,
Mais au moment de pénétrer
La forêt mystérieuse et interdite
Le petit se réveille en sursaut.
Déconcerté, déçu
Par ce rebondissement inattendu.
Ce n’était qu’un rêve
Il aurait tant aimé
Vivre ce voyage
Avec ce papillon de rêve
Survoler avec lui
Les montagnes magiques,
Les cimes ensoleillées
Et fondre
A la vitesse de l’éclair
Sur les vallées colorées d’arbres,
D’eaux, de prairies et de fleurs.
Au lieu de cela,
Le voici plongé
Dans la nuit noire de sa chambre
Avec la nostalgie infinie
D’un rêve inachevé.
Il allume sa lampe de chevet,
Ouvre le tiroir de sa table de nuit,
Prend son petit carnet et son crayon
Et inscrit rapidement quelques mots
Pour ne pas oublier.
Il ne laissera pas ce rêve inabouti.
Peut-être dessinera-t-il le papillon
Ou le peindra-t-il.
Ou peut-être un jour écrira-t-il
Une musique qui par sa légèreté
Suggérera l’envol magique
Vers une vie de liberté
D’explorations et de vagabondages.
Peut-être écrira-t-il un poème !
Peu importe la forme.
Un jour, il rendra au monde
Ce qu’une nuit obscure
Lui a murmuré.
Pourquoi donc
Son rêve s’est-il fracassé
Au moment de se glisser
Dans la forêt mystérieuse ?
Qu’y a-t-il donc
A la sortie du jardin
Qui l’attire et l’effraie à ce point ?
N’y a-t-il vraiment
Que dans la nuit illuminée du sommeil
Que l’on suit les êtres magiques
Qu’on oublie la voix qui met en garde
Et qu’on saute
La clôture des avertissements ?
Ou y a-t-il une autre vie,
Qui le terrorise, Mais qu’il va devoir affronter

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