L’ECLIPSE

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Il court. 

Pour le plaisir. 

Pour sentir ses membres se déployer

Pour cette joie si intime

De sentir tout son être

En un même élan, 

Bondir, rebondir, en cadence,

Dans le rythme qu’il s’est choisi.

Pour atteindre ce moment

Où son corps et son âme s’enlacent,

Ne font plus qu’un

Fusionnent vers la plénitude

Qui suit l’éruption volcanique. 

A mesure qu’il s’approche,

L’écho de la mer résonne,

L’appelle dans le lointain

En une vague incantation,

Le suscite

Inexorablement, la mer l’invite,

Lui chuchote à l’oreille 

« Viens, viens ». 

A peine s’il n’entend pas son prénom

Murmuré par l’Océan

Qui désormais le tutoie. 

A l’évidence,

Ce n’est plus le tracé

Qu’il s’était fixé pour sa course.

Contre tout bon sens

Il opte pour le détour

Qui va rallonger son parcours.

Qu’importe le retard,

Qu’importent les soucis,

Qu’importent les contretemps

Pourvu qu’il se sente libre !

Depuis qu’il a entendu cette voix,

Son instinct le tenaille

Inutile de lutter

Il sait qu’il va la suivre,

Sans chercher à comprendre. 

Parce que c’est ainsi.

Au loin sur la plage, elle l’aperçoit. 

A sa foulée, elle l’a reconnu. 

Parce que c’est elle,

Parce que c’est lui. 

Elle sait très bien

Que si sa lumière est trop vive,

Ebloui, une fois encore,

Il passera son chemin. 

Alors, elle se drape d’obscurité

Pour ne se révéler

Telle une éclipse

Que quartier par quartier

Pour qu’il puisse s’accoutumer

Pour qu’elle puisse l’apprivoiser

De lueur en lueur

Lorsque se sera éteinte la nuit

Et qu’affluera

La fontaine de lumière

A l’aube revenue.

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