L’ECLAIR

Published by

on

Le regard de la fille, soudain

S’attarde sur lui

Une fraction de seconde

Au-delà de l’indifférence,

L’extirpe de sa torpeur. 

Le frappe tel un cri

Pour venir le pêcher

Dans l’étang de son inexistence. 

La brume du petit matin

Masque le paysage

Enrobe d’opacité

Cet univers

Qui paraissait rassurant et familier. 

Il devine le soleil

Qui diffuse en sourdine

Sa présence distante et bienveillante 

Réchauffe, dissout la pellicule

De cellophane brumeuse

Qui asphyxie la terre. 

L’horizon se profile peu à peu,

Découpant les collines et révélant,

De la crête où ils se trouvent

Les points d’eau et leurs effets-miroirs

Dans lesquels, du haut du ciel, 

Plongent les grands arbres

Aux feuillages verdoyants.

Le regard de la fille rebondit

Le frappe par ricochet, 

Lui parle comme un songe

S’imprime dans sa mémoire.   

Un regard qui l’appelle,

L’invite.  

Sans doute a-t-il rêvé. 

Il passe son chemin.

Un autre jour, ce regard

Le déniche à nouveau, 

Eclair fulgurant, insoutenable

Et toujours cette fraction de seconde

Qui exclut l’indifférence.

Ce hasard qui se répète

Et dément

Tout hasard.

Ses yeux ne se dérobent plus

N’éludent pas la piste

Qu’elle l’incite à emprunter.

Ses pupilles émerveillées

Embrassent ces prunelles.

S’en délectent.

Ses doigts rêvent de l’écrire

De la peindre, de l’étreindre

De la pétrir.

Le ciel est clair, sans nuages. 

Un ciel précis, sans équivoque

Ni ambiguïté.

Dehors, près de sa maison

La fontaine coule, s’écoule

Douce, limpide

Clapote doucement,

Vocalise la vie qui, fluide

Distille son filet.   

Le vent glisse,

Vient s’éteindre

Dans le feuillage des arbustes

Qui frémissent à l’unisson. 

Le jeune homme inspire,

Expire, respire. 

La nature communie.

Célèbre la beauté de la brise d’amour

Face au vertige

Du gouffre qui l’aspire

Previous Post
Next Post

En savoir plus sur Luc Degrande : auteur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture