LA CLAIRIERE

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Ils sont arrivés,

Chacun par un sentier

Se sont trouvés

Dans la clairière.

Ses yeux s’attardent

Se font invitation

Evocation

Ebahissement.

Les pupilles de la fille

Quémandent, fuient

Reviennent

Habitées d’une lueur nouvelle.

Ses yeux se sont fait femme

Ont changé de couleur

Laissé place à l’étincelle

Qui efface

Ce qu’ils charriaient d’incertain.

Ses yeux se sont élargis, dilatés

Ils serinent désormais,

Une insistante et espiègle

Mélopée

Tracent leur destin

Vers ses lèvres avides.

Son regard de feu

Le fixe,

Ecrabouille ses pupilles

Y met la sarabande.

Les têtes éclatent.

Il y a de l’implosion

De la vitesse

De l’épopée

De l’aventure

Et du parfum.

Au loin, la fontaine s’anime

S’emballe

Palpite.

Le vent agite les feuilles

Les ombres se chevauchent

En un joli désordre.

Tout s’emballe.

Sauf l’horloge du temps

Qui s’est immobilisée.

Plus de passé, plus de futur

Que du présent

Figé

Cristallisé en un regard.

La main le prend

L’emmène

Leurs mains se disent

Se nouent

Celle qui désire

Attend, suscite

Celle qui prend

Attrape

La petite qui se niche

Celle qui l’enserre.

Celle qui guide,

Pense imprimer la cadence

La direction.

Mais c’est le vent

Qui a inspiré la manœuvre

Qui les a orientés

Vers la clairière du temps

Le tapis volant, le tournis

Et l’apesanteur.

Plus de temps.

Que de l’air

De l’essence

Des fragrances d’infini.

Les doigts qui frôlent

Se frôlent

Se prennent et s’égarent

Sans plus se quitter

D’instinct.

Parce qu’ils l’ont toujours su

Parce que c’était en eux

Que c’étaient eux.

Depuis la nuit des temps.

Ils n’étaient que poussières d’étoiles.

Depuis l’éclair, ils sont le temps.

Infinis.

Eternels.

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