En bleu clair,
Il a repeint
La barque de son grand-père
L’a rebaptisée
« La petite fugue ».
Sur une paroi,
Il a incrusté une portée
Avec quelques notes dorées
Soupirées par le vent du large.
Cet esquif, c’est le rêve d’un ailleurs,
Le songe d’une autre vie,
Le point d’embarquement
Vers sa destinée.
Reverra-t-il cet ange tombé du ciel ?
Peut-on rester fidèle à son rêve ?
Les questions se chevauchent
Telles des vagues
Ecrabouillées sur le rivage
Imperturbables, insolentes,
Redondantes, éternelles.
Où est cette petite
Dont le rire rebondit
Et sur les vagues
Se ricoche à l’infini ?
Il écoute le baiser
Déposé en son oreille
Coquillage où chuchote la mer
Echo d’infini
Epuisé, il s’allonge
Dans sa barque.
Regarde le soleil s’endormir
Sur la mer
Et s’enfoncer dans sa nuit.
Demain peut-être
Viendra la lumière.
